ARENE POLITIQUE , NOTRE TISSU SOCIAL EN BERNE
Ce couple conjoncturel (violence - politique ) qui , on l'a désormais compris , s'est juré fidélité pour l'éternité , occupe en effet une place dans la societé depuis belle lurette , si ce n'est depuis toujours . Et si meme , ce n'est cette société qui représente parfaitement cette malheureuse tradition protégée aujourd'hui par la liberté de pensée politique au nom d'une démocratie importé et inadéquate . Ce que je défends par là , c'est que le militant sénégalais , de de tous bords , c'est celui qui a soif d'éducation politique et non d'immunité juridique . Evoquons dans cette dynamique l'article L17 du code électoral de 2021 : "De l'ouverture officielle de la campagne électorale jusqu'à la proclamation des résultats du scrutin , aucun candidat ne peut étre poursuivi , recherché , arrête , détenu ou jugé pour des propos tenus ou des actes commis durant cette période et qui se rattachent directement à la compétition " . Quelle est la logique d'une telle disposition , si ce n'est de conférer légalement et maladroitement à certaines élites de la société le pouvoir de subtilement dribbler un ordre social qui devrait etre l'affaire de tous , sans déroute et pour tous : un climat social convivial , apaisé et serein . Rien que l'intitulé de la section deuxieme où loge cette disposition que je qualifierai de pure narcissisme de la part du conglomérat des acteurs politiques à travers le législateur sénégalais porte à confusion : immunité et prescription en matière électorale .
Mes confrères juriste ne manquerons sûrement pas l'occasion de me rappeler qu'immunité n'est pas synonyme d'impunité . Cependant , il est indéniable que nul n'ignore les caractères vicieux et sournois de nos hommes politiques , capables , tout comme nos paires avocats , de ce donner des coups et de vomir les uns sur les autres devant les objectifs de cette brillante invention d'ETINNE-JULES MAREY , pour ce se retrouver finalement sur la terrasse d'un restaurant à discuter des courbes de la jolie demoiselle, d'un doublé de Messi ou d'un triplé de Ronaldo . Pardonnez-moi de vous importuner avec mes remarque s qui ne manifestent rien d'autre que le désire ardent d'un apprenti écrivain de manier la langue , mais vous devez comprendre que mes adversaires du jour , vos politiciens , ne méritent pas tant d'élégance juridique . Je n'affirme rien de personnel , c'est simplement un constat véridique , hélas !
Un constat qui ne peut se limiter à notre époque contemporaine . Aujourd'hui , il est admis que 70 % des actes de violence perpétrés au Sénégal seraient , selon les statistiques du Gorée Institute , le fait de jeunes âges de 25 ans au plus . On pourrait aussi se demander quelle était la configuration de l'arène politique depuis l'accession de notre Etat à la souveraineté internationale , à savoir l'apres-indépendance . Les années 1960 - 1966 ont été marquées par la terreur , la répression , la destruction massive et collective des idéologies et des positions dissidentes . SENGHOR , premier président de la République du Sénégal , marqua son époque par la répression des manifestations post-électorales du 1er décembre 1963 et celle du rassemblement de mai 1968 . Sans devoir faire la radiographie des différents points noirs de notre démocratie après cette période , on peut incontestablement affirmer que cette derniere , tant citée en exemple dans la sous-région , n'est pas si distincte de l'allégorie des épines sur les roses .
Par ailleurs , une analyse uniquement narrative et juridique de la politique comme cadre d'expression de la violence que pure " masturbation intellectuelle " Oups ! Pardonnez- moi encore une fois pour mes termes malencontreux ! Ce que je veux dire , plus poliment , c'est qu'il nous faut pousser la réflexion au-delà du carcan des seuls politiques . Ceci revient à faire , en sus de l'analyse extrême ciblée ( systémale ) , une autre se fondant sur le systemisme ( systemique et donc plus large et objective ) . Pour ce faire , quoi de mieux que de lancer un coup de fil aux sociologues connu pour leur rigueur dans l'usage des techniques d'enquête fondée sur la pratique sociale des individus ? Et encore mieux , qui d'autre que Alexandre Lacassagne , fondateur de l'Ecole du milieu social , Gabriel Tarde , penseur de la psychologie sociale ; Emile Durkheim , chef de file de l'Ecole sociologique, ou encore Enrico Ferri , auteur de la sociologie criminelle , pour abattre ce travail scientifique ? Ces derniers proposent différentes interprétations sociologiques du phénomène criminel et de la violence sociale par ricochet . De ces penseurs on peut retenir qu'ils considèrent la violence comme une maladie sociale , qui n'est pas accidentelle , mais qui découle , dans certaine cas , de la constitution fondamentale de l'etre vivant . Ainsi , la sociologie soutiendrait que la société façonne les circonstances dans lesquelles l'activité criminelle , est donc la violence , se manifeste . En d'autres termes, la societé influence les individus à commettre des crimes . Comme le disait le philosophe Rousseau : " l'homme nait bon, c'est la société qui le corrompt " Cela soulève la question suivante : qu'a donc fait ma societé pour mérité de telle inepties de la part de ses membres?
En suivant cette logique , la violence trouverait son terrain de prédilection non pas dans l'arène politique , mais plutôt dans les interstices de la vie sociale . On évoque alors les violences familiales et conjugales , les violences à l'école la violence urbaine ou celle des banlieues , ainsi que la "violence dans les médias " , la violence travail , la criminalité et la pédophilie , sans oublier " ces violences qu'on ne voit pas " ( comme l'immigration , le handicap ou les maltraitances invisibles) , la violence des enfants , la violence juvénile , les ambiguïtés de la figure de la victime et la " culture de la peur " . De la violence politique en démocratie par Denis Merkl . Partant de ce postulat de Merklen , ce ne sont plus des hommes pris à part qui sériant la tâche noire sur la chemise blanche , mais plutôt le prolongement d'un noyau du système corrompu dés sa formation . Le ring des politiciens ne peut etre considère autrement que comme un cadre d'expresse , faisons de lui un simple vecteur où la tâche noircie depuis le starting-block trouve les conditions idoines , adéquates et légitimées pour se défouler sans etre trop inquiétée ( l'exemple du cadre juridique développé plus haut ) .
Faire un décryptage d'un phénomène social est une chose , saisir et comprendre la réaction des individus face à un tel phénomène en est une autre .
Selon la conception durkheimienne , dans chaque groupe social , il existe un certain nombre de consensus sur certaines normes . La violation de ces normes , institutionnalisées ou non , est appelée acte de déviance ; comment notre société réagit-elle face à cette violence ? Sur notre thème (violence politique ) nous ne pouvons faire appel qu'à la société civile . Pas celle des seules organisations regroupant , pour la majeure partie de faux civils avec la double casquette de politiciens pendant les jours du seigneur , mais celle qui prend en compte , entre autre , les chefs religieux , les intellectuels , les professionnels des médias , les étudiants , les organisations indépendantes --- Tout ce beau monde se doit , dans l'optique de préserver notre tissu social , de demeurer impartial tout en restant impassible face à la vérité . L'exemple typique n'est rien d'autre que celui des journalistes ou chroniqueurs , deux métiers qui font souvent l'objet de confusion devant le public profane et qui de jour en jour , d'année en année , perdent leur crédibilité dans le traitement de l'information pour de modiques privilèges trainant ainsi dans du poto-poto leur blason d'autant . Outre les médias , sile Sénégal a toujours fait exception dans l'Afrique subsaharienne , c'est aussi grâce à ses régulateurs sociaux , qu'ils soient religieux ou non . Autrefois capables de titiller le petite prince , refusant de se réduire à curer les sabots de ses chevaux , aujourd'hui la dignité de ces hommes de dieu ( ou des dieux ) est pour la plupart en berne . Et pourtant , placer le tandem éthique et équité dans leur indignation et leur condamnation des actes de déviance pourrait bien constituer un début de solution pour résoudre les phénomènes socio- politiques auxquels nous faisons face .
Cependant , cette solution , bien que louable , ne peut étre assez efficace car elle est uniquement à but curatif . Il existe une autre approche , beaucoup plus préventive , évoquée en débat de raisonnement : l'éducation du peuple par le peuple .
En vérité , ce n'est plus un secret , tout amateur de débats politiques pleurs aujourd'hui les cendres de l'époque où les parties politiques faisaient école . Ce renouement avec la tradition des écoles du parti devrait permettre de remettre en place la force dite des arguments en lieu et place de " l'argument de la force" qui sévit maintenant depuis fort longtemps . L'école du parti fondée par les socialiste en 1978 constitue toujours un exemple qui fait l'unanimité chez les différents acteurs , méme si ce dernier a tantôt dans son cursus formé des lourdauds et des tonneaux vides qui participent jusqu'à présent à polluer l'atmosphère politico-sociale . Le doyen Alouine Dramé , journaliste et ancien pensionnaire de l'école du parti , disait à ce sujet : " Les honnêtes citoyens en émoi , impuissants , ont fini par se détourner de la politique , ce noble art de gérer la cité , aujourd'hui détourné de son essence et de sa finalité par d'autre intrus , sans parcours académique et vécu politique , qui polluent l'atmosphère de leurs nuisances sonores" .
En tout état de cause , aujourd'hui , le Sénégal se trouve à un tournant décisif pour son avenir dans le cercle des pays émergents ou développés . En sus de l'exposition de nos frontières au phénomène du terrorisme , l'exploitation en cours des nombreuses ressources naturelles que le ciel nous a fait don nécessite de tourner la page des politiques politiciennes et d'ouvrir à jamais celle des politiques publiques.
Néanmoins , avant la construction des infrastructures que je considéré comme étant l'élévation des murs de l'Etat , pris tel un chantier lambda , faisons d'abord de l'humain un citoyen modèle qui serait le fondement de ce chantier de gravats .
ARTICLES :
Erudit: réaction sociale à la déviance ; Bathily Abdoulaye : mai 1968 à Dakar ; Marc le blanc et Nguyen thi-hau : Réactions sociales à la déviance ; Jean- Jacques Rousseau : Discours sur les sciences et les arts ; Journal enquête + du 30 novembre 2024 ; Sénégal code électoral 2021 .

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